A travers la flûte
C’est d’abord une note qui naît timidement, telle une brise légère, qui monte, se suspend et retombe en cascade pour s’éteindre en un soupir…
Serait-ce décrire en quelques mots l’émerveillement, les possibilités infinies d’évocation du son de la flûte traversière ?
Et pourquoi pas continuer cette découverte en plongeant dans ses origines mystérieuses, avec ces quelques lignes, d’après le livret du célèbre opéra de Mozart: « La flûte enchantée, flûte magique en bois doré, fut fabriquée par une nuit d’orage. Taillée sous l’averse, dans un arbre millénaire, à la lueur des éclairs, et au son du fracas du tonnerre, elle est la possession de l’époux de la reine de la Nuit, maître du cercle solaire… ».
Elle qui au cours des siècles a bercé le sommeil de tous les enfants du monde, peut tour à tour dialoguer avec le clavecin, le piano, jouer à cache-cache avec l’orchestre, se montrer espiègle et agile en formation jazz, ou bien encore rêver avec la harpe…
L’essor de la flûte ira de pair avec les progrès techniques de son mécanisme. Le plus révolutionnaire est le système de Théobald BOEHM qui a permis plus de virtuosité, des gammes chromatiques plus faciles à exécuter et surtout a apporté une qualité de son inconnue jusqu’alors, allant du plus grave au plus aigu dans une justesse relative.
Construite d’abord en bois, expliquant son appartenance à la famille des bois comme la clarinette, le hautbois, aujourd’hui, la flûte est la plupart du temps en maillechort (alliage de cuivre, de nickel et de zinc imitant l’argent), en argent, en or, et parfois en platine.
Alors, vous laisseriez- vous tenter par ce « bijou » ?
Voici le seul instrument de l’orchestre dont on joue en soufflant sur une embouchure. Et tout l’apprentissage consiste à réunir et à lier, de façon progressive, le travail du diaphragme, de l’embouchure, de la langue et des doigts, avec la patience et l’intérêt d’un véritable « sculpteur » d’air.
Et maintenant, qu’ajouter de plus, en écoutant ces harmonies qui naissent, montent, nous tiennent sous le charme, sinon ces quelques mots :
« Vive la flûte traversière !.... »